MRC de la Jacques-Cartier au printemps

HISTORIQUE DU TNO
Vue éloignée prise sur l'eau de la façade sur le lac du Club Triton. Vers 1900.
Fonds J.E. Livernois. Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Composé essentiellement de terres publiques, le TNO du Lac-Croche possède une histoire étroitement liée à l’exploitation des ressources fauniques et forestières. Longtemps traversé par différentes nations autochtones, notamment pour des activités de subsistances et pour se rendre dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, il semble que ce territoire ne fût véritablement occupé qu’à partir de la seconde moitié du XIXe siècle.

Si à partir de 1858 on autorise la location de droits de pêche appartenant à la Couronne, il faudra cependant attendre jusqu’en 1885 pour que la création de clubs privés soient autorisés au Québec.  Ces derniers obtiennent alors des droits exclusifs d’exploitation de la faune sur des terres du domaine de l’État.

Parallèlement, dans la perspective de conserver et de mettre en valeur la faune sur le territoire de la province, le Parc des Laurentides est créé en 1895 (qui deviendra, en 1977, la Réserve faunique des Laurentides). Il était alors le plus grand parc au monde et avait déjà un potentiel économique et récréatif non négligeable. En effet, très tôt, la majeure partie de son territoire a été prise d’assaut par de grandes industries, comme la Donnacona Paper Company ou  la Bayless Pulp and Paper Company, qui s’adonnaient à la coupe du bois et à la drave sur quelques rivières du parc. Cette exploitation forestière au nord du territoire actuel de La Jacques-Cartier a eu un impact économique significatif. Des scieries sont apparues et plusieurs pères de famille et leur fils ont obtenu un emploi dans l’un des nombreux chantiers.

 

Vue panoramique prise sur la rive près du quai au Club Triton. Vers 1900. 
Fonds J.E. Livernois. Bibliothèque et Archives nationales du Québec
C’est également à la même époque que l’on voit apparaître les premiers clubs de chasse et pêche sur le territoire du TNO comme le Triton Fish and Game Club créé en 1893 et qui construisit toutes les commodités nécessaires à ses membres (chalet, camp pour les guides, glacière, hangar à canot, maison de gardien, etc.) sur ce qui deviendra la pourvoirie de la Seigneurie du Triton dont les principaux bâtiments sont aujourd’hui situés sur le territoire de la Mauricie. Ce club réputé reçut la visite de quelques illustres personnages dont Theodore Roosevelt, Harry Truman et Winston Churchill. C’est également le Triton Fish and Game Club qui construisit en 1922 le Château Marie, un chalet toujours existant au bord du lac Bouvet (alors appelé lac Austin).

D’ailleurs, quelques autres chalets issus des clubs privés subsistent encore sur le TNO et témoignent d’une époque aujourd’hui révolue.

En effet, au cours des années 1960 et 1970, le gouvernement provincial élaborera différentes mesures pour, en 1977, mettre officiellement fin au système des droits exclusifs d’exploitation de la faune accordés à des clubs privés. L’objectif est alors de faciliter l’accessibilité à la faune et aux terres publiques pour l’ensemble de la population. Peu de temps après, on crée des zones d’exploitation contrôlée (ZEC) dont celle de la Rivière-Blanche qui prend en charge la gestion faunique d’un territoire de 729 km2 chevauchant la MRC de La Jacques-Cartier et la MRC de Portneuf et qui comprend plusieurs lacs issus du « déclubage ».

En somme, l’héritage culturel du TNO du Lac-Croche repose essentiellement sur l’exploitation faunique et forestière. De lieux de passage et d’activités de subsistance pour les autochtones, certains secteurs sont devenus, depuis près de 150 ans, des lieux privilégiés pour la pratique de la chasse et de la pêche à des fins récréatives.
 
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